De gauche à droite et de haut en bas : Irshad Manji, Ayaan Hirsi Ali, Aung San Suu Kyi, Ingrid Betancourt.
Le 8 mars célèbre la Journée Internationale des Femmes, cela peut paraître pitoyable d'avoir une journée pour dénoncer des inégalités et comme bien d'autres journées pour certains ça leur donne bonne conscience. Les inégalités sont tout simplement un combat de tous les jours jusqu'à l'obtention de cette égalité.
Irshad Manji : le cauchemar des intégristes.
Née en Ouganda en 1968, au sein d'une famille musulmane, croyante musulmane, elle veut réconcilier islam etliberté. Irshad Manji est une écrivaine et journaliste canadienne. Elle critique violemment les islamistes et les interprétations littérales du Coran, s'attaque aux pratiques extrémistes de l'islam, et notamment au traitement généralement infligé aux femmes par les musulmans.
Elle remet en question un grand nombre des interprétations historiques du coran, et recommande le concept d'Itjtihad, tradition musulmane de pensée indépendante.
Ayaan Hirsi Ali : menacée de mort.
Née en Somalie en 1969, excisée à 5 ans, Ayaan Hirsi Ali a fui à 22 ans pour échapper à un mariage forcé. Exilée avec sa famille au Kenya et réfugiée aux Pays-Bas en 1992. Cette musulmane en a adopté les valeurs libérales au point de devenir une jeune députée à La Haye et de s'affirmer athée. Pour avoir travaillé dans les services sociaux du royaume, elle connaît, de l'intérieur, les horreurs tolérées à l'encontre des femmes au nom du multiculturalisme. Son combat contre l'emprise de l'islam a pris un tour tragique depuis le 2 novembre 2004, date de l'assassinat par un radical islamiste du cinéaste Théo Van Gogh, coauteur avec elle de Soumission.
Menacée de mort, Une fatwa a été prononcée à son encontre la condamnant à mort dans plusieurs pays musulmans.
Aung San Suu Kyi : assignée à résidence par la junte militaire au pouvoir.
Née à Rangoon (Birmanie) en 1945, fille du général Aung San (leader de la libération birmane et dirigeant national assassiné en 1947), Aung San Suu Kyi est élevée en Inde et en Grande-Bretagne. Elle fait des études de philosophie, d'économie et de sciences politiques à Oxford. Elle poursuit une carrière académique jusqu'à ce qu'elle rentre en Birmanie, en 1988. Engagée dans la lutte pour la démocratie, Aung San Suu Kyi et ses amis politiques fondent alors, en septembre 1988, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Influencée par la philosophie et les idées du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King, plébiscitée par la population, la secrétaire générale de la LND prône la non-violence pour renverser le régime en place et propose des réformes pour installer durablement la démocratie en Birmanie. Le 20 juillet 1989, elle est arrêtée. Les militaires lui offrent le choix entre quitter la Birmanie ou être emprisonnée. Aung San Suu Kyi décide de rester dans son pays et sera assignée à résidence dans sa villa. Interdite d'activité politique, elle est arrêtée à plusieurs reprises, emprisonnée de septembre 2000 à mai 2002, réemprisonnée en 2003 et réassignée à résidence depuis. Elle a au total été privée de liberté pendant plus de 11 ans depuis 1989.
Ingrid Betancourt : détenue depuis 2002 par un groupe révolutionnaire.
Née à Bogota (Colombie), députée et sénateur de Colombie. Pays éprouvé par plus d'un siècle de violence, elle mène une lutte implacable contre la corruption du pouvoir lié aux cartels de la drogue. Le père de la jeune femme est ambassadeur de Colombie à l'UNESCO. Sa mère est députée et conseillère du futur candidat à la présidence : Luis Carlos Galan, un homme intègre qui prône l'extradition des narcotrafiquants et qui sera assassiné en 1990. Très affectée par cet événement, Ingrid comprend que son c½ur est toujours resté en Colombie. Elle décide alors de rentrer à Bogota. Elle y découvre une gigantesque corruption. elle mène sa campagne contre la corruption et est élue député en 1994. Ses investigations la conduisent jusqu'au président de la République. Preuves à l'appui, elle prétend qu'il a financé sa campagne électorale grâce aux narcotrafiquants. C'est l'époque où elle fonde un nouveau parti au nom révélateur, Oxígeno. Car tel est l'incroyable défi de cette jeune femme qui porte désormais l'espoir de tout un peuple : assainir le pays le plus corrompu d'Amérique latine.
Ingrid Betancourt est élue sénateur en 1998, prête à donner sa vie pour l'avenir de son pays, elle défie la peur et poursuit son combat, 4 années plus tard elle postulera pour la présidence de la République de Colombie en 2002. Espoir d'un peuple abusé, elle incarne le visage d'une femme exemplaire dont la détermination farouche et inaltérable ne peut susciter que l'admiration et le soutien de ceux pour qui la démocratie a un sens et un avenir.
Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt est enlevée par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie près de Florencia en compagnie de sa directrice de campagne. Détenue depuis plus de 6ans par ce groupe avec des milliers d'autres otages.